Pourquoi un PASE pour la Bretagne ?
Pour permettre à la Bretagne, avec ses forces et ses faiblesses, d'exploiter au mieux ses potentialités, l'Etat s'engage avec le PASE à adapter les politiques publiques aux enjeux territoriaux, afin de mieux anticiper, d'accompagner les mutations régionales et d'intégrer plus avant les problématiques de développement durable dans son action.
La Bretagne compte 3.163.000 habitants sur une superficie de 27.208 km² , soit 5% de la population française sur 5% du territoire. Depuis une décennie, la croissance démographique bretonne, portée aux trois-quarts par les migrations, est supérieure à la moyenne nationale (+0,9% par an contre 0,7%). A l’horizon 2030, la Bretagne pourrait compter de l’ordre de 400 000 habitants supplémentaires.
Identité culturelle et patrimoine naturel figurent parmi les facteurs de cette attractivité. Riche d’une grande variété de milieux maritimes et littoraux et d’espaces intérieurs remarquables, la péninsule bretonne est marquée par l’imbrication des espaces naturels et des activités humaines. Première région après l’Ile de France par le nombre de monuments historiques classés, la Bretagne est seconde pour le nombre de ses bibliothèques, indicateurs parmi beaucoup d’autres de sa vitalité culturelle.
Terre d’excellence éducative – en tête des académies pour le taux de réussite au baccalauréat – la Bretagne se distingue également par son dynamisme sportif puisqu’elle compte le plus grand nombre de licenciés rapporté à sa population des régions françaises.
Le maillage territorial spécifique de la région , à savoir deux métropoles (Rennes et Brest), des villes moyennes littorales et une organisation en bassins de vie, constitue un facteur complémentaire d’attractivité et de cohésion.
Le PIB breton représente 4,3% du total national et a connu sur la dernière décennie une évolution supérieure à la moyenne nationale. Traditionnellement spécialisée dans l’agriculture ou les secteurs industriels à faible valeur ajoutée, la Bretagne enregistrait un retard important de son PIB par emploi dans les années 1990. Depuis, le développement des services combiné à l’arrivée de nouveaux actifs plus qualifiés lui a permis d’enregistrer un rattrapage.
De 6% au début de l’année 2008, le taux de chômage a atteint 8,2% début 2010 en Bretagne. Néanmoins, la Bretagne est, avec le Limousin, la région métropolitaine la moins touchée par le chômage (7,7% au 4ème trimestre 2010 contre 9,2% en métropole).
Pourtant, le système productif breton est soumis à de profondes mutations. D’un point de vue conjoncturel, l'économie bretonne a été éprouvée par la crise financière et économique . Près de 27 000 emplois salariés marchands ont été détruits en 2008 et 2009, soit 3,6 % du total régional.
Structurellement, les piliers de l’économie bretonne – agriculture et agroalimentaire, électronique et communication, automobile et construction navale – font face aux défis d’une économie mondialisée et à l’accélération des changements .
Si elle est un facteur de dynamisme et de croissance, l’attractivité de la Bretagne réinterroge les équilibres en termes de flux, de réseaux et de gestion des espaces.
La connexion de la Bretagne au reste de l’Europe et le dynamisme différencié entre l’est et l’ouest de la région sont des enjeux majeurs tant sur le plan des infrastructures ferroviaires, que de la sécurisation de l’approvisionnement énergétique ou encore de l’accès au très-haut-débit .
Les différents espaces bretons sont confrontés à la pression foncière et à l'artificialisation des milieux naturels, particulièrement sur le littoral . Au-delà de l’occupation de l’espace, la prise en compte de l’environnement est un levier important de changement en Bretagne où des enjeux tels que la reconquête de la qualité de l’eau ou développement des énergies renouvelables figurent au rang de préoccupations majeures.